forza-baklawa.Com © 2008 

Accueil

Brahim Kerrit


Spectacle et Efficacité


Né le 2 octobre 1940 au Kef, Brahim Kerrit s'est installé à Tunis à l'age de deux ans, le père ayant intégré la Poste. A Jebel Lahmar, il a suivi l'itinéraire de la majorité des jeunes : le football. La cité est réputée pour ses interminables parties de foot et l'évidente passion de joueurs qui n'ont pas tardé à s'imposer dans les clubs civils : Hadj Ali, Laouini etc. Brahim Kerrit, lui, avait un penchant pour le stade Tunisien mais également pour l'Espérance. S'il signe sa première licence en 1953 au profit de l'équipe du Bardo, c'est par l'influence de son idole Noureddine Diwa qui l'impressionnait déjà par ses exploits dans la catégorie des juniors. Kerrit est ravi par la constante progression de cette équipe de deuxième division, par les entraineurs Draoua et Rachid Turki, commencant meme à rever, il reve de faire de son pied gauche une carrière prodigieuse et une attraction pour le grand public. Ses entraineurs percoivent cette ambition, la valident et oeuvrent pour favoriser son accomplissement. A dix huit ans, Brahim Kerrit est dejà un footballeur suffisamment armé pour les grandes batialles. Mais c'est un concours de circonstances qui est à l'origine de son premier match senior à la fin de la saison 1957-58. La défaillance volontaire de Diwa et de Braiek, lui permet d'etre aligné avec Moncef Chérif pour la première fois avec les seniors. L'adversaire, l'USMenzel Bourguiba, pratiquement condamné à la relégation, subit une véritable correction : huit buts à un. Brahim Kerrit séduit par sa technique, sa rapidité et son opportunisme(2buts). Il ne quittera plus l'équipe et son reve commence à accéder progressivement à l'univers de la réalité meme s'il doit se contenter du role de spectateur lors de la finale ST-ESS(2-0).

Quelques mois plus tard, Brahim Kerrit dispute, son premier grand classique : EST-ST. Le 21 semptembre 1958, il est opposé à une vieille connaissance, Hadj Ali mais l'absence de son idole, Diwa, est fatale. Le ST ne semble pas en mesure de reconquérir le titre obtenu en 1957 et la déroute au match retour, sans Kerrit, consacre la suprématie de l'Espérance.

Le jeune Brahim commence à s'impatienter et cherche de nuveaux motifs de satisfactions pour entretenir sa passion et préserver son ambition. La saison 1959-60 est placée sous le signe du couronnement mais le ST est irrégulier laissant encore une fois à l'Espérance un accès facile au titre. Pourtant, dans les confrontations directes, Brahim Kerrit a pu enfin obtenir un bilan positif : un nul et une victoire. Le syndrome est donc brisé. L'ailier gauche stadiste, doit toutefois, réussir le grand rendez-vous de la saison : la finale de la Coupe face à l'Etoile. C'est sa première participation à un tel évènement et son équipe n'a pas l'habitude de connaitre la panne : deux succès en deux finales (1956 et 1958). Le dicton est confirmé : jamais deux sans trois. Brahim Kerrit commence à se tisser un palmarès. Les événements se succèdent dès lors à grande vitessef. L'étoile montante du fooball tunisien devient un candidat très sérieux pour l'Equipe de Tunisie.

Kerrit séduit Kristic qui cherche un successeur à Majri Hénia vieillissant, en vue des difficiles rencontres aux Jeux Olympique de Rome. Le 17 juillet 1960, son attenyte connait son épilogue car cela fait plus d'un an qu'il souhaite rejoindre en sélection son compagnon Moncef Chérif. Face à la Tchécoslovaquie B. Kerrit peut alors mesurer le fossé qui sépare le football tunisien de celui de l'Europe et les difficultés qui attendent l'équipe cinq semaines plus tard à Rome. Ses appréhensions s'aggravent par les deux défaites concédées lors de la meme tournée face à la Hongrie (1-10) et la Yougoslavie (0-7). Dès lors, pour Brahim Kerrit l'essentiel est de se présenter au mieux de ses moyens pour répondre à l'attente de celui qui lui fait confiance, Kristic. Il tire son épingle du jeu, inscrit face à la Pologne et l'Argentine deux buts qui font son bonheur pour classer, plutard l'évènement parmi ses meilleurs souvenirs malgré les trois défaites concédées en autant de rencontres. Il a le sentiment de voyager à proximité des sommets et se rappelle un proverbe chinois :"quand tu es en haut de la montagne, continue à grimper". kBrahim Kerrit est toutefois conscient que les ames fragiles ne vont pas loin, se fait une autre philosophie de la vie et se tient à son objectif purement sportif. Il est titulaire et rayonnant, justifiant le choix des dirigeants. Mais l'OCG Nice est très vulnérable en défense encaissant meme huit buts à Sedan et concédant sept défaites à domicile. La rélégation sanctionne alors un parcours insuffisant et module les aspirations de Brahim Kerrit qui commence à ressentir les méfaits de la solitude. Il constate alors qu'un footballeur a besoin d'in soutien affectif permanent qui apporte le réconfort quand cela est nécessaire. Il perd progressivement de sa verve et joue alternativement en seconde division. Le retour au bercail devient alors inéluctable.

Dès la première journée de la saison 1956-66, Brahim Kerrit fait face à l'ASM une démonstration de fooball(51). Le ST est théoriquement en mesure de conserver son titre mais l'équipe est irrégulière. La finale de la Coupe constitue néanmoins le repechage indiqué. Brahim et Mohamed Kerrit sont associés en attaque à Lahmar et Chérif mais l'ASM est toujours coriace.

La traversée du désert se limitera toutefois à trois saisons pour Brahim Kerrit qui expédie les matches avec l'unique satisfaction de se procurer du plaisir. Le départ de Lahmar à Belo Abbès, la retraite de Moncef Chérif et les aléas du sport convergent vers un affaiblissement de l'équipe qui se contente du statut de trouble-fetes. La saison 1968-69 a failli relancer le ST en Coupe de Tunisie mais le grand Club Africain l'en a empeché au terme d'une confrontation mémorable. Brahim Kerrit commence à décrohcer mais saisit l'opportunité que lui offre le CSHL pour se faire une seconde jeunesse. En 1969-70, il découvre que la vie est un éternel recommencement : à chaque fois qu'il quitte le ST, il est impliqué dans la relégation, que cela soit à Nice ou ailleurs. Pourtant , ses partenaires ne sont pas des profanes : Témime, Hosni, K. Hénia, Kobtane etc; Mais Kerrit ne peut soutenir la deuxième division, ce serait meme une offense. Il préfère alors mettre fin à sa carrière, mais uniquement dans la compétition civile. En effet, il joue les prolongations dans le championnat corporatif, histoire d'entreternir la forme et de vivre autrement une passion qui refuse de s'éteindre. A l'heure des bilans, Brahim Kerrit fait son mea culpa en assumant l'écort enregistré entre le talent et la carrière. Il regrette que son expérience professionnelle n'a pas abouti et que son appartenance à l'Equipe de Tunisie s'est circonscrite à deux saisons seulement alors qu'à vingt-deux ans, un footballeur est sur une courbe ascendante. Une situation qui n'est pas sans rappeler que le plus grand des naufrages, c'est celui de quelqu'un qui n'a meme pas quitté le port. L'admirateur de Kopa, Piantoni, Garincha, Puskas et Pelé peut, toutefois, se consoler de figurer parmi les figures emblématiques du Stade Tunisien et d'etre associé à l'age d'or de ce club qui cherche toujours à ressusciter sa gloire d'antan. Aujourd'hui, Brahipm Kerrit opère un détachement à l'égard du fooball, ayant été sans doute affecté par les désillusions répétitives du ST qui l'ont contraint à basculer dans dees occupations de substituion aux dividendes moins aléatoires.