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Néjib Limam


Le Favori de Tarek Dhieb


C'est le chef de file d'une famille sportive qui a laissé de très belles empreintes dans le football tunisien. Aussi spectaculaire qu'efficace, Néjib Limam a eu une quasiunanimité autour de son talent. Mais c'est en Arabie Saoudite qu'il a décroché des titres qui lui ont fait défaut au Stade Tunisien. Il a obtenu, également, un titre honorifique et tres significatif : le témoignage de Tarak Dhiab qui l'a placé en tete des joeurs doués qu'il a eu à cotoyer sur le terrain. C'est implicitement la reconnaissance d'une invividualité remarquable qui ne s'est pas écartée des impératifs d'un sport aussi collectif et exigeant que le football.


Néjib Limam est né au Bardo le 12 Juin 1953 et c'est aux environs des chemins de fer qu'il se familiarise avec le football. Il se melait meme à ses ainés de dix, voire douze ans et opérait également en déplacement : Le Kram, La Goulette. Sans tout à fait présenter ni rechercher une quelconque carrière, il signe sa première licence au Stade Tunisien en 1967. Il découvre Wardi Berbèche qui lui inculque les fondements du football. L'apprentissage, ou plutot le rodage car le jeune Limam savait tout faire avec un ballon, n'a duré que quatre ans, le temps de cerner toutes les contraintes du sport de haut niveau. Le 27 Septembre 1971, il dispute à dix-huit ans, son premier match senior à Monastir remporté grace à un petit but de Ben Hmida. Son entrée dans le circuit est irréversible. Le virtuose Moncef Zarrouk, ailier gauche de charme parti à Limoges pour poursuivre ses études, a un successeur à sa hauteur; C'est l'avis des supporters stadistes, notamment après les doublés réussis par Limam le 7 Novembre 1971 face à l'Espérance (3-1) et plus tard, aux huitièmes de finale de la Coupe face au CAB, suivi en direct par les téléspectateurs ravis par tant de talent et d'audace. Mais Limam ne sera pas titularisé lors de la finale de la Coupe : Ammar Nahali, l'entraineur, a préféré la carte de l'expérience que symbolisait Zarrouk rentré de France et manifestement en possession de tous ses moyens physiques.

Limam supplée néanmoins Naceur Kerrit à vingt minutes de la fin, entreprend quelques tentatives mais ne peut empecher Khouini et le CA de l'emporter lors des prolongations. La situation ne s'améliore qu'en 1974-75 quand la génération des Limam, Kerrit, Jendoubi et Ben Arfa a atteint la maturation requise. Le ST obtient, alors, une méritoire troisième place et Limam le deuxième rang au classement des buteurs avec dix-sept buts derrière Zoubeir (24 buts). C'est, ensuite, l'adhésion de plain pied à la selection. Ayant déjà connu des convocations disparates depuis 1972, Limam disupte son premier match le 3 Mars 1974 face à la Yougoslavie olympique (0-2). Il est du voyage au Golfe en décembre-Janvier 1974-75 et participe à Koweit-Tunisie (2-0), suppléant à deux reprises Samet (SRS). Et ce n'est que le 1er Juin 1975 qu'il connait sa première sortie officielle face à l'Algerie aux éliminatoires des JO. Il remplace l'une de ses deux idoles, Mohieddine Habita, l'autre étant Tahar Chaibi, inscirt le deuxième but et montre à Chétali qu'il mérite d'autres égards. Ce sera le debut d'une alternance extremement pénible et parfois insoutenable avec l'étoilé Ben Aziza qui se prolongera au delà de la Coupe du monde 1978.

La saison 1975-76 xconstituera une période charnière pour Limam. Le calendrier de l'Equipe de Tunisie est assez chargé débutant avec les JM d'Alger alors qu'au Stade Tunisien beaucoup de carences se manifestent. A Alger, Limam ne dispute que le match de classement. Il sera également "out" en Coupe de Palestine et lors de l'amical tunisie-Suède. le moral n'est, donc, pas au point et les résultats du ST n'apportent aucunce compensation. Limam est meme rattrapé par une autre réalité : son équipe doit disputer les barrages pour le maintient. Face au SA Menzel Bourguiba, il est inspiré au Zouiten mais le match dégénère (5-2). Le match retour est insupportable. Limam ouvre le score mais connait une fin de match angoissante devant le déferlement des locaux (1-3). La lecon d'humilité qu'il a recue lui servira pour la suite de sa carrière.

Les prémices ont été perceptibles à travers son retour en force en Equipe de Tunisie. Il supplée Ben Aziza lors de Maroc-Tunisie (1-1) avant de le devancer au mathc retour puis lors de la double confrontation face à l'Algérie, toujours en Coupe du monde. Au ST, la tendance est positive avec une honorable quatrième place. Limam est à vingt quatre ans un joueur accompli et enfin libéré. L'émulation l'a beaucoup aidé. Le 13 Mars 1977, il réussit au caire un match plein, en Coupe d'Afrique, justifiant l'option offensive de chétali (2-2). Il prend part, dès lors, à toutes les rencontres officielles de l'Equipe de Tunisie, souvent titulaire parfois suppléant jusqu'à la phase finale de la Coupe deu monde (à l'exception des éliminatoires des Jeux Africains disputés par lune équipe expérimentale et lors de Tunisie-Congo en Coupe d'Afrique). Limam est meme associé à Ben Aziza lors de la CAN 78 face à l'Ouganda (3-1) et au Ghana (0-1) en rasion de la défection de Témime retenu par son club saoudien. Tout cela augure d'un enchainement favorable. Mais les cinq matches amicaux disputés avant le départ en Argentine donnent un indicateur significatif : aucune titularisation mais régulièrement une incorporation en cours de jeu. Pour Chétali, la phase finale de la Coupe du monde appelle à la prudence. Dans ce contexte, le talent incontestable et unanimement reconnu de Limam n'est pas un atout suffisant. Celui-ci ne jouera pas une seule minute en Argentine. S'il ressent cette péripétie comme une frustration, il ne crie pas pour autant à l'injustice, respectueux qu'il est des choix de son entraineur qui ont abouti aux résultats positifs qu'on connait.

Pour limam, il est impératif de rebondir sachant que rien ne peut durer toute une vie. Il a confiance en ses moyens. L'offre saoudienne d'El Hilal le flatte. Les perspectives sont prometteuses en tout point de vue. Il s'associe avec le phénoménal gaucher bresilien, Rivelino, capitalise le succès et la popularité. Son bilan est éloquent : la Coupe du trone en 1979 et le titre de champion en 1980, sans préjuger des retombées financières. La seule finale du championnat Al Hilal-Ennasr en 1980 lui rapporte un pécule respectable à un triplé décisif (3-2). L'Equipe de Tunisie profite de son euphorie et H'mid Dhib mise sur lui lors du premier tour qualificatif pour la Coupe du monde 1982 avec tunisie-Nigéria. Limam marque et jubile à Tunis (2-0) mais s'inquiète puis déchante à Lagos avec cette émimination aux tirs au but le 12 Juillet 1980. Il ne s'attendait guère à un tel gachis, retrouvant son Al Hilal sans le moral et mettant neuf mois pour se retremper dans l'ambiance de la sélection à l'occasion de Tunisie-Sénégal (CAN 82). C'était le 12 Avril 1981, date de sa dernière participation à un match international.

A vingt huit ans, il estime que c'est le moment de la stabilité et qu'il n'y a plus d'alternative : le retour au Stade Tunisien s'impose. Il apporte son talent et son expérience au sein d'une formation à moitié renouvelée mais ne peut, en deux saisons, obtenir de grandes satisfactions : la quatrième place à chaque fois. Il réalise, néanmoins, quelques exploits personnels, histoire de rappeler le bon vieux temps et d'apporter un brin de fantaisie dans le système utltra-rigide de Nagy. En 1983, il ressent la pesanteur de la retreaite et s'y soumet, l'enthousiasme étant sensiblement entamé. Il avouera, plus tard, qu'il n'a pas donné la contre-partie de ce qu'il a tiré ou recu du football, s'accordant ainsi le mérite de l'honneteté et le courage de la franchise.

S'il a quitté le circuit, ses exploits le poursuivent toujours. Et surtout le souvenir de cette démarche élégante, ces doubles accélérations, ces enjambées qui le rendent inaccessible ainsi que cet art consommé du contre pied et l'égal usage des deux pieds qui lui offre un avantage énorme. Néjib Limam obéissait, aussi, aux exigences du jeu collectif grace à une intelligence supérieure. Au Stade Tunisien, il se délectait de son entente avec N. Kerrit, Ben. Arfa et S. Kraiem. Le meme plaisir lui était procuré par Tarak et Kaabi en Equipe de Tunisie. Ses meilleurs souvenirs internationaux se ciconscrivent aux seuls Egypte-Tunisie (2-2 en Coupe d'Afrique) et Algérie-Tunisie (1-1 en Coupe du monde). Au Stade Tunisien, le match livré à Menzel Bourguiba en 1976 n'a pas eu son égal en termes d'intensité. La victoire sur le CA lors de sa dernière saison et son but décisif ainsi qu'une victoire à Sousse face à l'Etoile en 1976 (3-2) grace à un doublé sont les autres moements forts de sa carrière tunisienne. A Al Hilal, la finale du championnat en 1980 et la Coupe du Trone en 1979 s'imposent dans son livre d'or.


A coté des souvenirs, il y a également des symboles. Ce sont les hommes qui ont marqué l'homme et le joueur : H. Enneifer, M. Achab, S. Damergi, M. Keffala, Y. Chétali et J. Gherab (dirigents), R. Turki, Nagy, Chétali et Zagallo (entraineurs), Kadri, Boudabbous et Jouini (arbitres) ainsi que Chaibi, Chemmam, K. Labidi, Agrébi, Habita, Gasmi, Tarak, Ben Yahia et Hergal (joueurs). A l'étranger, Cruyff a été son idole et Platini sa référence.

Après avoir été le soutien de sa famille depuis 1971 à la suite de la maladie de son père qui a été à l'origine de l'interruption de sa scolarité, Néjib Limam a pu entrainer ses trois frères dans le giron du football de compétition. Au Bardo, les Limam ont pu ainsi rivaliser avec les Kerrit tant sur le plan du nombre que de la qualité. Néjib, a fait la différence en acceptant certaines responsabilités au sein du club. Au gré des conjonctures et de son humeur. Histoire de prouver son attachement au club, d'honorer sa dette et d'apporter une compensation à une retraite qu'il a jugée anticipée.